Les applaudissements sont un phénomène universel qui remonte à des millénaires, oscillant entre expression instinctive et acte social codifié. Depuis l’Antiquité gréco-romaine, où ils rythmaient spectacles et assemblées, jusqu’aux stades modernes, ce battement des mains traduit une réaction spontanée d’approbation et d’enthousiasme. Ils se manifestent par un mouvement des mains, souvent paume contre paume, dont l’intensité, la durée et le rythme varient selon le contexte et la culture, renforçant ainsi la communion entre un artiste et son audience.
À retenir en 20 secondes : Les applaudissements sont un geste ancestral lié à des pratiques sociales et politiques historiques. Ils apparaissent dans la Bible, sont formalisés dans le théâtre antique grec et romain. Leur intensité et leur rythme traduisent des émotions variées. Même dans les médias contemporains, ils sont parfois orchestrés pour renforcer l’ambiance. Leur origine s’étend d’une simple expression de joie à un puissant marqueur culturel, social et politique.
Sommaire
Origine historique des applaudissements liés au spectacle et au théâtre
Le geste d’applaudir se retrouve dans les textes anciens, dont la Bible, où il est associé à la joie collective. Mais c’est véritablement dans la Grèce antique que les applaudissements prennent une dimension codifiée, au cœur du théâtre. Les spectateurs exprimaient ainsi leur admiration et solidarité avec les comédiens. Selon un usage répandu, l’acteur principal invitait le public à applaudir à la fin de chaque pièce par la formule « Valete et plaudite » (porte-vous bien et applaudir). Les Romains, à leur tour, intégrèrent ces pratiques dans les arènes et les discours politiques, créant même un outil appelé applaudimètre pour mesurer l’enthousiasme des foules.
L’histoire documente également des anecdotes, comme celle de l’empereur byzantin Héraclius, au VIIe siècle, qui recruta des hommes pour applaudir et impressionner son adversaire, illustrant ainsi la portée sociale et politique de cette pratique. La tradition s’est perpétuée, enrichie, et parfois réglementée, comme aujourd’hui en Biélorussie où applaudir sans autorisation est interdit.
Une expression universelle et instinctive de la réaction du public
L’applaudissement se définit par le battement des mains paume contre paume, mais comporte plusieurs variantes comme taper des pieds, frapper sur une table, ou encore frapper des doigts rapidement pour marquer son assentiment, à l’image de certaines pratiques parlementaires au Royaume-Uni ou au Canada. Cette expression est largement instinctive et partagée avec certains primates, suggérant un fond primal émotionnel. Le psychologue Joseph Messinger note même que la manière dont les mains se frappent reflète le ressenti, la joie ou la critique.
L’intensité, le rythme et la durée des applaudissements traduisent des niveaux d’enthousiasme ou de réserve, allant de la simple « criaillerie » à l’ovation soutenue. Dans les grandes manifestations contemporaines comme l’Euro 2016 ou dans les enceintes sportives, des variantes rythmiques spécifiques telles que le « clapping » islandais créent une atmosphère collective unique. Ces codes rythmiques sont progressivement adoptés par d’autres groupes, soulignant l’aspect contagieux et fédérateur des applaudissements.
De la tradition ancienne aux normes modernes : la place des applaudissements dans la culture contemporaine
Le XIXe siècle marque un tournant dans l’usage des applaudissements, notamment dans la musique classique. Alors que sous Bach ou Mozart ils étaient fréquents et encouragés, la période romantique privilégie souvent le silence respectueux durant les morceaux, pour ne pas interrompre l’émotion portée par l’œuvre dans sa continuité. Richard Wagner impose le silence dans ses représentations, posant les bases du modèle contemporain du concert. En revanche, certaines pièces, comme la Marche de Radetzky, invitent encore aujourd’hui le public à applaudir en rythme, perpétuant une tradition vivante.
Au XXe siècle, l’avènement de la radio et du disque accentue cette tendance au silence pendant l’exécution musicale. Cependant, la démocratisation des spectacles et l’influence des médias, notamment la télévision, ont introduit des pratiques où les applaudissements sont parfois simulés ou dirigés par un « chauffeur de salle » pour maintenir l’ambiance. Cette orchestration souligne que l’applaudissement, bien que spontané en apparence, est aussi un phénomène social largement construit et instrumentalisé.
Les applaudissements, tout en étant universels, se déclinent selon les cultures. En Occident, ils sont l’expression la plus courante d’approbation dans les arts et événements publics. Mais ailleurs, d’autres formes sonores coexistent. Certains groupes remplacent les mains battantes par des rythmes de clapping inspirés d’Afrique ou des gestes d’encouragement sonores ciblés.
Les règles sociales les encadrant peuvent aussi être strictes. En Biélorussie, le fait d’applaudir sans autorisation est interdit, révélant la dimension politique que peut revêtir ce geste apparemment anodin. En Afrique, le battement des mains accompagne souvent le rythme des tambours, montrant un lien profond entre musique, mouvement et expression collective.











